LA CIBLE ÉLEVÉE DE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GES AU QUÉBEC D’ICI 2030 PEUT RELANCER LES SECTEURS MANUFACTURIER ET DU GÉNIE-CONSEIL QUÉBÉCOIS

Par Daniel Laplante, président-directeur général de l’AIEQ

La réduction de 37,5 % des émissions de GES au Québec d’ici 2030 par rapport à 1990 aura assurément des avantages positifs sur le réchauffement climatique, mais l’économie ne sera pas en reste… Si nos entrepreneurs savent tirer leur épingle du jeu en matière d’innovation, ils pourraient se voir ouvrir un marché international fort lucratif.

L’atteinte d’une telle cible implique le développement de plusieurs technologies énergétiques faiblement émettrices de GES, notamment dans le secteur de l’électrification des transports. Par conséquent, une telle mesure sera une excellente « carte de visite » pour les entreprises de l’industrie électrique du Québec, car faire partie d’un groupe industriel qui est à l’avant-garde en matière de réduction de GES est un solide argument pour un fournisseur québécois qui souhaite accroître ses ventes à l’international. Le gouvernement pourrait donc capitaliser sur cette politique et s’en servir comme tremplin pour relancer les secteurs manufacturier et du génie-conseil québécois.

Le marché mondial de l’énergie en forte demande d’innovation
Présentement, les produits et services de l’industrie électrique du Québec réussissent toujours à séduire les producteurs et transporteurs d’électricité canadiens qui ont des réalités d’affaires semblables à celles du Québec (Manitoba Hydro, BC Hydro, Ontario Power Generation, Hydro One, etc.). Or, avec une réduction importante des grands travaux électriques sur l’ensemble du territoire canadien et avec la concurrence accrue des entreprises issues principalement des pays émergents (particulièrement avec leur forte capacité à utiliser des technologies avancées et à produire des biens de plus en plus sophistiqués), les marchés traditionnels ne suffisent plus aux entreprises du Québec pour assurer leur croissance. Elles doivent maintenant solliciter de nouveaux clients et réussir à capter l’attention des grands donneurs d’ouvrage américains, voire mexicains, colombiens, etc.

Toutefois, les nouvelles technologies du secteur de l’électricité se concentrent de plus en plus vers des créneaux qui sont moins présents au Québec (énergie solaire, stockage d’énergie via les « super-condensateurs », réseaux de distribution intelligents, etc.). À l’échelle mondiale, les innovateurs de ces secteurs sont extrêmement performants. Certes, ces créneaux d’affaires représentent encore aujourd’hui une petite portion du marché mondial de l’énergie, mais leur croissance sera exponentielle au cours des prochaines années.

Si les entreprises du Québec ne suivent pas le rythme, elles pourraient se retrouver en milieu de peloton en matière d’innovation technologique et être en difficulté lorsque viendra le temps d’offrir des solutions dans ces nouveaux créneaux d’affaires stratégiques et fortement recherchés. Elles doivent donc s’insérer encore davantage dans ce marché de l’énergie hautement compétitif. Or, l’intention du gouvernement du Québec de fixer une cible élevée de réduction des émissions de GES du Québec peut leur donner un grand coup de pouce. Il est important de réaliser rapidement au Québec de grands projets électriques faiblement émetteurs de GES (en transport ou autre) afin de maintenir l’avantage compétitif de l’industrie électrique et surtout et de lui permettre de mieux s’insérer dans le nouveau marché de l’énergie mondial. Ainsi, pour assurer le maintien et la croissance de ce secteur économique important au Québec, il sera essentiel de développer des projets électriques qui stimuleront l’innovation technologique et feront appel au savoir-faire des professionnels du Québec, et surtout qui s’insèreront dans la dynamique du marché mondial de l’énergie. Cette cible de réduction des émissions de GES que souhaite atteindre le gouvernement du Québec d’ici 2030 – avec tous les projets que l’on devra mettre en place pour l’atteindre – est sûrement un élément sur lequel tabler pour mettre un terme à la morosité économique.

 

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