DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE – Mettons à profit notre avantage électrique

 
 

L’Institut du Québec publiait la semaine dernière deux études et un sommaire qui démontrent les atouts du Québec pour capitaliser sur l’économie sobre en carbone et en faire un moteur de développement économique.

Nous nous réjouissons de l’attention portée à l’économie sobre en carbone. Du plus petit atelier d’ébénisterie jusqu’aux grands producteurs de lingots d’aluminium, toutes les entreprises québécoises qui utilisent l’hydroélectricité comme source d’énergie peuvent se targuer d’avoir une production qui émet moins de gaz à effet de serre (GES) que la grande majorité de leurs compétiteurs au Canada et de par le monde.

À l’heure actuelle, le Québec est l’un des très rares territoires dans le monde qui produit de l’électricité près de 100 % renouvelable. Il y a plus de 40 ans, lorsque nous avons choisi de miser sur l’hydroélectricité pour assurer notre développement économique, nous étions loin de nous douter que celle-ci pourrait devenir un réel atout pour permettre aux entreprises québécoises de capturer leur part d’une économie sobre en carbone estimée à 26 000 milliards US.

Par sa fiabilité, son coût relativement faible et ses émissions de GES minimes, notre électricité suscite de plus en plus l’intérêt des entreprises étrangères soucieuses de saisir les occasions d’affaires du « sobre en carbone ».

Et les occasions sont nombreuses. En effet, tout en sonnant l’alarme face à l’urgence d’agir, un récent rapport de l’ONU révèle l’ampleur des occasions à saisir : « La limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C nécessiterait des transitions « rapides et de grande envergure » dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du bâtiment, du transport et de l’urbanisme. »

Pourquoi ne pas reconnaître, favoriser et promouvoir la contribution « nette positive » des réductions de GES obtenues au-delà de nos frontières grâce à l’exportation de l’énergie et des produits, technologies et services québécois ? Notre électricité renouvelable nous place en excellente position pour faire du « sobre en carbone » la marque distinctive du Québec et un moteur de développement économique pour les années à venir.

Plus nous fabriquerons et exporterons de produits, services et technologies utilisant notre électricité propre, plus notre économie sera prospère et plus nous aurons collectivement un impact positif sur les changements climatiques. 

Il devient donc urgent d’identifier les avenues les plus prometteuses pour mettre à profit notre avantage électrique, créer de la richesse et maximiser les réductions de GES au Québec et ailleurs.

Le Québec étant résolument engagé vers une transition énergétique, l’énergie rendue disponible viendra raffermir encore davantage notre position de force. Une efficacité énergétique déployée de façon stratégique permettra de dégager la marge de manœuvre nécessaire pour attirer les entreprises engagées à générer encore plus de retombées économiques et environnementales.

Qui plus est, cette transition vers une production plus efficace et sobre en carbone appuiera le développement d’un écosystème local d’entreprises (grappe) offrant des solutions innovatrices, en plus de créer une vitrine mondiale pour leur expertise, facilitant ainsi leur exportation tout en attirant d’autres investissements et des talents de partout sur la planète. Québec Net Positif vise justement à mobiliser tous les acteurs pour stimuler ce cercle vertueux du sobre en carbone et en faire un mouvement économique porteur d’avenir.

Trop souvent, développement économique et environnement sont opposés alors qu’en fait, ils sont indissociables. En positionnant le Québec comme carrefour et accélérateur de l’économie sobre en carbone, nous avons l’occasion d’affermir notre leadership environnemental tout en créant une économie plus prospère et durable pour tous.

* Signataires

Michael Novak, administrateur-fondateur, Québec Net Positif ; Éric Martel, président-directeur général, Hydro-Québec ; François Morin, directeur général, Opérations et affaires publiques, Québec et Atlantique, BMO ; Hélène Lauzon, présidente directrice générale, Conseil patronal de l’environnement du Québec ; Christian Bernard, vice-président, Stratégie et Communications, Montréal International, ainsi que tous les membres qui siègent au Conseil de l’attractivité du Grand Montréal ; Denis Leclerc, président et chef de la direction, Écotech Québec ; Pierre Larochelle, président et chef de la direction, Corporation Énergie Power ; Anik Dubuc, vice-présidente, développement durable, Association de l’aluminium du Canada ; Sarah Houde, directrice générale, Propulsion Québec ; Caroline Piché, directrice générale, Association pour le développement et l’innovation en chimie au Québec ; Pierre G. Fillion, MBA, président-directeur général, Conseil des industries durables du Québec ; Denis Tremblay, président directeur général de l’Association de l’industrie électrique du Québec ; Pascal Geneviève, directeur général, Groupe Conseil Carbone ; Mia Homsy, directrice générale, Institut du Québec ; Jacques Nantel, professeur émérite HEC Montréal, membre distingué de l’OEEQ ; Normand Mousseau, professeur de physique, Université de Montréal et directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier, Polytechnique Montréal ; Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal ; Jean Lacroix, président-directeur général de Réseau Environnement

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