Qu’est-ce que le réchauffement climatique?

Par Jean-Claude Maurice, ing., vice-président – division de marché Énergie, BPR Énergie, en collaboration avec Édith Cadieux, biologiste Ph. D, stagiaire post-doctorale à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval

Bien que tout le monde en parle, peu de personnes réalisent les impacts des changements climatiques. Dans mon cas, cette réalité me rattrapa en 2006 lors d’un voyage au mont Robson en Alberta. Sur le sentier d’approche, une pancarte indiquait l’endroit atteint en 1911 par l’extrémité du glacier. Nous avions encore quelques kilomètres à franchir avant d’atteindre le glacier actuel. L’illustration du phénomène était tout simplement incroyable!

Les changements climatiques sont une modification du climat, et ce, à long terme. L’accroissement anormalement rapide de la température de surface de la terre causé par l’émission de gaz à effets de serre (résultat des activités humaines) est l’un des principaux effets des changements climatiques.

 

Entre autres grâce au carottage effectué sur les grands glaciers, nous pouvons mesurer plusieurs facteurs climatiques passés, dont la température moyenne et la teneur en CO2 de l’atmosphère. Nous savons ainsi que la périodicité des périodes glacières est de l’ordre de 100 000 ans pour des variations de température de l’ordre de 4 °C à 6 °C. Nous observons aussi que, pour les 600 000 dernières années, il y a une corrélation entre la concentration de CO2 (qui varie de 180 ppm à 300 ppm) et la température moyenne de la surface de la terre.

 

Le problème est que depuis le début de l’ère industrielle, la concentration de CO2 est passée de 280 ppm à près de 390 ppm actuellement. Ce niveau est sans précédent dans les 600 000 dernières années. Durant la même période, la température moyenne s’est accrue d’environ 0,8 °C. L’accélération anormalement élevée de la concentration de CO2 sur une si courte période ne permet plus une corrélation simple avec la température. Des modèles mathématiques beaucoup plus complexes, incluant l’activité humaine, doivent être utilisés pour des prévisions à court terme. Il est généralement accepté que lors de la fin du siècle actuel, la température moyenne s’élèverait encore de 2 °C à 6 °C. La valeur finale atteinte alors serait largement supérieure aux températures moyennes des 600 000 dernières années. Il faut donc se préparer, au cours du 21e siècle, à des bouleversements majeurs des systèmes climatiques et écologiques.


Voici quelques statistiques illustrant divers aspects de l’ampleur du problème :

  • L’utilisation de combustibles fossiles a entraîné un rejet de 3 millions de tonnes de carbone au début du 19e siècle; ce nombre est passé à près de 8 365 millions de tonnes en 2007. Ces combustibles comptent pour près de 80 % de la consommation d’énergie de la planète, le pétrole et le charbon comptent pour 60 % à eux seuls.
  • La production d’énergies provenant de sources renouvelables représente 13 % de la production d’énergie mondiale.
  • Depuis 1960, le volume des glaciers a diminué de 8 000 km2. 
  • L’augmentation du niveau de la mer causée par la fonte des glaces et l’expansion de l’eau est de l’ordre de 3,3 mm par année. 
  • Au Québec, depuis les années 60, la température a augmenté de 0,5 à 1,2 °C selon les régions.

Les émissions de gaz à effet de serre sont en augmentation constante et il n’y a aucune indication que le phénomène diminuera. De si rapides changements à l’échelle de la planète vont nécessairement entrainer des bouleversements sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Il est donc important d’effectuer un changement dans nos sources d’approvisionnement d’énergie en diminuant l’apport provenant des combustibles fossiles, et en contrôlant mieux la demande en énergie. La transition doit être globale et concerne l’ensemble de la société pour atteindre une plus saine gestion des ressources énergétiques.

 

Article paru dans le magazine CHOC, volume 28, numéro 3, Printemps 2011
 

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Références

Alexandre Rojey, « Énergie et climat, Réussir la transition énergétique », Édition Technip, Paris 2008.

J-L Bobin, H Nifenecker, C Stéphan, « L’Énergie dans le monde, Bilan et perspectives »; Société française de physique, Paris 2007.

Armand Colin, « L’Atlas de L’Environnement », Le Monde diplomatique, Paris 2008.

http://cdiac.ornl.gov, The Carbon Dioxide Information Analysis Center (CDIAC), U.S. Department of Energy (DOE).

http://hdr.undp.org/fr/, Rapport sur le développement humain 2010, Programme des Nations Unies pour le développement.

http://climate.nasa.gov/, Global Climate Change, National Aeronautics and Space Administration, (NASA), USA.

http://adaptation.nrcan.gc.ca/assess/2007/toc_f.php; D.S. Lemmen, F.J.Warren et J. Lacroix, « Vivre avec les changements climatiques au Canada : édition 2007 »; MRNC.