Kyoto, ce que l’AIEQ en pense

Par Daniel Laplante, président-directeur général – AIEQ

Le Canada ne s’engagera pas dans une seconde phase du protocole de Kyoto et il ne sera pas en mesure de respecter les engagements pris jusqu’ici dans le cadre de cette entente.

À notre avis, il s’agit d’une décision mal fondée sur le plan économique. Le Canada justifierait cette décision par crainte de rendre son économie moins compétitive par rapport aux pays refusant de se conformer au protocole de Kyoto, dont les États-Unis.

Notre pays possède les ressources naturelles, le talent, l’expertise, et surtout le bassin industriel pour proposer des solutions de rechange aux sources d’énergie thermique responsable des émissions de gaz à effet de serre (GES). La recherche de solutions à la réduction des émissions de GES procurerait non seulement un enrichissement important à notre collectivité, en plus de contribuer à maintenir notre qualité de vie. Le réchauffement climatique est bel et bien réel et ses conséquences les plus catastrophiques sont à venir.

Il ne faut pas se leurrer, chez nos voisins du Sud, c’est l’électricité produite à partir du charbon et du gaz naturel qui est responsable d’une quantité importante des émissions de GES. Or, la production d’électricité canadienne provient à 60 % de source hydroélectrique renouvelable − donc à faibles émissions de GES.

Dans ces conditions, le Canada devrait plutôt accroître sa production d’énergie renouvelable. Le potentiel hydroélectrique encore non exploité est immense au Canada. Près de 150 000 MW pourraient être développés, et ce, dans presque toutes les provinces du Canada. À mesure que le changement climatique et la pollution de l’air prennent une place de plus en plus importante dans les préoccupations de la population, l’intérêt pour l’hydroélectricité doit grandir.

La myopie du gouvernement dans le dossier des GES l’empêche de voir la transformation de l’économie à l’échelle mondiale. Les années qui viennent seront celles de l’économie « décarbonisée ». Le monde entier est à la recherche de solutions à faible émission de GES. Les pays qui sont à prendre ce virage se dotent d’un avantage compétitif et structurel à long terme.

Le Canada devrait prendre des engagements fermes afin de respecter la cible de Kyoto et demeurer un membre actif au sein de ce protocole international.

 

 

 

 

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