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Moteurs électriques Laval investit 6 M$ à Jonquière

Le 15 juin 2026

SAGUENAY – Moteurs électriques Laval (MEL) investit 6 M$ dans l’agrandissement de ses installations de Jonquière. Ce projet lui permet de se doter de la capacité de fabriquer ses propres bobines électriques haute tension pour les moteurs et alternateurs.

L’entreprise, qui se spécialise dans la distribution et la réparation de moteurs électriques industriels, produisait déjà des bobines pour la basse et la moyenne tension. C’est un enjeu de délais d’approvisionnement en bobines haute tension, que MEL devait importer de l’international, qui a poussé la PME a développer son propre procédé.

La recherche et développement a été effectuée au cours des dernières années, avec le soutien de la phase 1 du programme Plateforme d’approvisionnement stratégique québécois de l’industrie électrique (PASQÉ) de l’Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ). Les bobines sont actuellement en phase de tests de certification par un laboratoire accrédité aux États-Unis. La certification devrait durer environ deux à trois mois.

Production à grande échelle
L’entreprise est donc prête à déployer la production à plus grande échelle. MEL est présentement en processus d’appel d’offres pour la construction du nouveau bâtiment, qui devrait débuter en août.

Le bâtiment totalisera 6 000 pieds carrés et hébergera les lignes de fabrication de bobines haute tension, qui sont destinées à des alternateurs et moteurs de 1 à 35 MW. Le choix de construire un nouveau bâtiment indépendant de l’usine actuelle était nécessaire afin d’éviter les poussières, qui peuvent causer des problématiques lors de la fabrication de ce type de bobines.

Sa conception devrait en faire le premier bâtiment industriel certifié LEED au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Des panneaux solaires lui permettront de produire 50 kW et d’être autosuffisant pour les besoins énergétiques de cette nouvelle usine. Les installations seront raccordées directement au réseau d’Hydro-Québec, ce qui fait que l’entreprise pourra vendre ses surplus ou obtenir de l’électricité si sa production ne suffit pas à un moment.

Nouveaux emplois
Une quinzaine d’emplois seront créés par cette nouvelle production. Selon Youssef Bouslimi, directeur de la succursale Saguenay de MEL, il n’y a pas beaucoup de bobineurs au Québec, même si les besoins sont importants. Pour son projet, l’entreprise a donc dû recruter à l’international. Elle travaille aussi avec le Centre de formation professionnelle de Jonquière pour faire découvrir le métier. Quatre postes sont actuellement ouverts au sein de MEL.

Pour l’acquisition des équipements nécessaires à la production à grande échelle des bobines haute tension, MEL a à nouveau obtenu le soutien du programme PASQÉ. L’achat d’un spreader automatisé, d’une deuxième presse et des équipements de tests est notamment prévu.

Précisons que le siège social de MEL se trouve à Montréal, mais c’est la succursale de Saguenay qui a été ciblée pour soutenir la production des bobines haute tension. Cette succursale est aussi celle du groupe qui a la plus grande capacité en termes de charges pour la réparation de moteurs, avec une capacité de levage de 40 tonnes.

Trois entreprises soutenues
MEL fait partie des trois entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean soutenues dans la deuxième phase du programme PASQÉ. Canmec et Charl-Pol ont également obtenu des subventions de 500 000 $ non remboursables.

Canmec procède également à un agrandissement de ses installations. La subvention du PASQÉ concerne l’acquisition d’une aléseuse automatisée lui permettant d’usiner de plus en plus de pièces mécano-soudées pour le secteur hydroélectrique. « Nous serons en mesure de réaliser plus d’usinage, qui est actuellement un goulot d’étranglement dans nos opérations », mentionne le président de l’entreprise, Alex Fortin.

La superficie exacte de l’agrandissement demeure à déterminer, puisqu’il dépend du choix de l’aléseuse, en cours d’analyse. La machine devrait avoir une longueur totalisant entre 45 et 60 pieds. Le projet, estimé à 5 M$, devrait être réalisé au cours des prochains mois, pour une mise en service d’ici 24 mois.

Du côté de Charl-Pol, le projet vise la mise à jour du parc d’usinage de ses installations de Portneuf. L’entreprise souhaite ainsi mieux desservir l’industrie hydroélectrique, notamment les turbiniers, accroître sa productivité et être en mesure de diversifier ses marchés. « Nous pourrons fabriquer des pièces de plus grande envergure pour mieux répondre à la demande de nos clients. Nous aurons moins besoin d’aller en sous-traitance et les turbiniers auront moins besoin de se tourner vers des compétiteurs à l’international pour ces pièces », souligne Malcolm Caron-Boivin, directeur du développement des affaires.

Le projet représente un investissement de 5 M$ et devrait s’échelonner sur une période de 10 à 12 mois. Des emplois devraient être créés, mais leur nombre ne peut pas être confirmé pour l’instant.

Programme PASQÉ
Soulignons que le programme PASQÉ a été mis en place par l’AIEQ afin de créer « une chaîne d’approvisionnement compétitive et pérenne, durable, pour répondre aux besoins de la croissance en électricité », explique la présidente-directrice générale de l’organisation, Marie Lapointe.

Les fonds sont octroyés par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE). La première phase, en 2022, avait bénéficié d’un montant de 5 M$, dont 3,75 M$ ont été remis à 12 entreprises.

En janvier 2026, le MEIE a accordé une nouvelle somme de 7 M$, dont 6 M$ sont destinés à des entreprises. Quelque 5,2 M$ ont été alloués à 11 entreprises. Environ 800 000 $ sont encore à être accordés. La révision des dossiers par un comité indépendant est en cours et se conclura le 30 juin. D’autres entreprises régionales pourraient ainsi bénéficier d’une subvention.

Au total, jusqu’à présent, le programme PASQÉ a injecté environ 2,2 M$ dans la région au cours des deux phases du programme. LAR Machinerie avait également obtenu un montant lors de la première mouture.

« Pour nous, c’est un premier jalon d’une stratégie industrielle. On voit l’importance et la nécessité d’avoir une stratégie industrielle pour l’industrie électrique, mais aussi pour tout le Québec. La compétence et le savoir-faire, s’ils se traduisent par des capacité manufacturières compétitives, ça permet d’être compétitif, d’exporter et de toucher d’autres marchés », souligne Mme Lapointe.

Celle-ci considère que le programme, qui bénéficie d’une gouvernance indépendante et qui « se base sur les besoins des donneurs d’ordres et les compétences des entreprises », est un facteur de succès pour les manufacturiers de l’industrie électrique.

 

Lien de l’article : https://informeaffaires.com/regional/manufacturier-et-equipementier/moteurs-electriques-laval-investit-6-m-a-jonquiere